Ritta Baddoura

Bio:
Je suis née en 1980 au Liban. Enfant, j’ai découvert sous les bombes exactement, la vielle bibliothèque léguée pas un grand-oncle. J’ai dés lors suivi une voie intérieure insoupçonnée transgressant la captivité de l’abri. J’écris et je dessine dans un petit cahier comme on joue aux cartes, mais aussi comme on cultive une arme contre l’absurdité.
Depuis, je n’ais cessé de poursuive mes questionnements concernant le vécu en terme de guerre, la mémoire du corps, l’identité, le féminin, la folio, la créativité… Mes études de piano, les ateliers de peinture et d’expression corporelle que j’ai suivi ; ainsi qye ma formation en psychologie, s’inscrivent dans se cheminement.
J’écris. Quatre recueils de poésie francophone ont été à ce jour : « Etoiles d’araignée » (mokhtarat, 20000), « la naissance du dé » (Dar An Nahar, 2003), « De l’obscure étincelle, nouvelle poésie d’expression française » (L’Harmattan, 2005), « Pépites de nuit » (Photos : Randa Mirza, éditions la Cd-thèque, 2006).
Je prend plaisir à travailler avec des poètes et comédiens afin d’amener la poésie sur scène (Festival de Freiké 2004, Le printemps des poètes, Beyrouth 2005, le XX I Salon du Livre de Paris, 2006)>
En 2001, le prix de poésie « Jeune cèdre », puis en 2005, la médaille d’or en littérature pour ma nouvelle « Quinze » (cinquièmes Jeux de la francophonie) ont été pour moi d’émouvantes reconnaissances.
Je cherche actuellement à publier un ouvrage. Joignant photographies (Randa Mirza) et textes poétiques, portant sur mon voyage et mon séjour aux portes du Sahara nigérien.

Statememnt:
C’est-

Ecrire est un mode d’existence, d’inscription, de résistance. Tout en étant un radeau du passage, écrire permet de durer.
C’est aussi se souvenir : en quelque sorte poser des repères entre les objets de la mémoire et les glissements du désir. Quelquefois donc se souvenir c’est trouver ce qui n’est pas dans le passé.
C’est marcher suffisamment dans les sentiers battus du langage que les hommes ont suivi, croyant se parler et se comprendre, (et saisir les lettres à bras-le-corps, réviser, saccager les grammaires de loi ou de coutume), jusqu’à déboucher sur la clairière du sens. Ou pas.
Errer dans l’attente. Accepter le non-sens.

Avec-
 Mon corps pétri d’histoire et de nature se révèle. Il imprègne sonorités et rythmes, couleurs, goûts et senteurs, textures aux mots.  Ses membres, sa chair, s’ouvrent aux paysages et font la substance même de l’écriture. Je privilégie le sensoriel à la signification. Je cherche à suggérer une atmosphère où il serait possible de donner à sentir. Il faut que les mots osent des rencontres inouïes, afin de réintroduire dans le dire tout ce que les individus taisent, écartent ou ignorent.
Les mots sont avant tout des signes graphiques. Bien qu’immobiles sur la page, ils déroulent sous le regard, un mouvement. Le long des phrases, je trace des pas, je construis de singulières architectures. J’écris avec le vide de la page. Chaque blanc, chaque rupture entre deux mots est relation.

Pour/Contre-
Ecriture pour lecture. Faire un espace de silence dans l’effervescence contemporaine d’images et de bruits. Un espace pour soi et pour l’autre. Séparer les milliers de visages, de corps solitaires, confondus, siliconés ou foudroyés par les nouveaux missiles. Les sortir de l’apathie du spectateur ou des concessions molles du citoyen. Rester et se déplacer pour être. Faire obstacle au débordement ou à la stérilisation des mémoires pour se réapproprier son histoire, son corps, son identité. Ecrire pour désir.