
Marie Nour Hechaime was born in Beirut in 1989. She is now at her last year of school at Notre Dame de Jamhour. She has been writing since the age of 10, has participated in poetry and novels contests, and has written many articles in different websites. At the age of thirteen she won the second prize of a poetry contest organized by the Ministry of Culture and the Francophonia Organisation with 'Une larme'
During this summer's war, Marie Nour spent her time in the mountains, away from the bombs. She released her feelings in her writings; the two poems, "Eté meurtrier' and 'Retranchés', and expressed her thoughts in a French spoken newspaper.
Retranchés
J'ai repensé mon avenir
J'ai vu exploser mes croyances
J'ai envisagé la possibilité de partir
Et j'ai pesé le pour et le contre sur la balance,
Le temps d'un été,
D'un souffle de souffre
Où j'ai pu imaginer ce passé,
Me replonger dans un gouffre
Dont j'imaginais le couvercle refermé
A jamais ?
C'était me bercer dillusions
M'enfoncer dans l'invincibilité de mon adolescence,
Dans la seule préoccupation de mes sens.
J'ai fermé les yeux sur la scission
Qui morcelle le pays,
Les profondes divergences,
Les nombreuses différences.
J'ai fermé les yeux sur un pays
En quête d'identité,
En soif doubli
Dont faisaient partie ces déshérités.
J'ai fermé les yeux sur un pays
Confessionnel, sur un pays
Religieux, sur un pays
Malade, en voie dintégrisme.
J'ai préféré fréquenter la musique,
Et je me suis récoltée des briques.
C'était moi le schisme
Et eux le sunnisme,
Moi, celle qui se fourvoyait sur son Liban,
Dangereux occultisme.
Je le retrouve en sang
Tandis qu'ils sont auréolés dune victoire (dite) divine,
Merveilleux pied de nez à l'impure citadine
Qu heurtent les prêches trop pieux
Et les croyances trop visibles.
Et pendant que monte aux cieux
Ma nation, fruit de ma bible,
Je m'interroge : Qu'adviens t-il de notre Liban ?
Restera t-il ce bouc émissaire vacillant ?
Le laisserons nous mourir impuissants ?
Retranchés dans nos camps ?
Eté meurtrier
Le sang sur mes mains
Je l'essuie sur le revers de ma manche.
La plaie en mon sein
Je la couvre d'un pansement étanche
Et les larmes sur mes joues
Et les cris dans ma gorge
S'effacent et s'étouffent après coup.
Prise dans un coupe-gorge,
Ma nation
Passion
Crève sous mes yeux
Et tous les discours creux
Crèvent mes tympans.
Les images macabres
Agissent en sabres
Et déchiquettent mes pupilles en suspens
Devant cet été crève coeur.
J'ai chassé ma soeur
Et voilà qu'elle se venge
De son autorité perdue.
Elle a mis le feu à la grange
Et déclenché ce coup de massue.
Peut importe la faute à qui
La faute à nous, nos divisons,
Notre faiblesse, nos illusions
Et ce soi disant maquis.
Je perds le toucher
Je deviens insensible
A la douleur, exaspérée
Par mes pertes combustibles.
Les saveurs se font rares,
Les odeurs se ressemblent
De corps calcinés et de membres qui tremblent.
Cet été, cette tare.
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